Falsification d'ordonnance : un homme de 36 ans condamné à neuf mois de prison ferme

C’était la deuxième affaire du même type jugée en un mois par le tribunal correctionnel de Montluçon.

Un homme de 36 ans a été condamné hier à 9 mois de prison ferme.

Il a été reconnu coupable d’usage de faux en écriture, et d’escroquerie et tentative d’escroquerie au préjudice de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM).

Le 1er avril dernier, en se présentant dans trois pharmacies à Bellerive-sur-Allier et à Montluçon, ce ressortissant géorgien avait tenté de se faire remettre un médicament à l’aide d’une ordonnance dont la date avait été falsifiée.

Ce médicament, c’est l’Ozempic, utilisé dans le traitement du diabète, mais très prisé sur des réseaux de revente clandestins pour ses supposées propriétés amaigrissantes.

Loin d’être un acte isolé, ce type de pratique semble se multiplier sur le territoire national. Et l’Allier n’est pas épargné.  Présidente dans l’Allier de l’Union de syndicats de pharmaciens d’officine, Bénédicte Bidet est un témoin direct de ce fléau. "En ce moment, nous avons pas mal de trafic sur le territoire". 

Comme ses collègues pharmaciens dans le département, elle essaie d’être attentive pour débusquer les ordonnances falsifiées. Une vigilance qui coûte forcément. "Cela demande énormément de temps. Pour une minorité, on punit une majorité et on détruit la relation de confiance que l'on a avec nos patients".

Alors, hier, cette pharmacienne et ses deux confrères concernés par cette affaire s’étaient constituée partie civile. Tout comme d’ailleurs la médecin iséroise qui avait initialement signé l’ordonnance ensuite falsifiée.

Maître François Fuzet est son avocat. "Les médecins généralistes sont sollicités chaque jour au soutien de la santé de leurs patients. Ils n'ont pas de temps à perdre avec ce genre d'énergumène qui ne font qu'alimenter un marché noir tout aussi insupportable". 

Un prévenu qui s’est défendu en indiquant s’être rendu dans les pharmacies à la demande de compatriotes géorgiens, et sans avoir connaissance du trafic qu’il pouvait alimenter.

Des explications jugées "pas crédibles" par le tribunal qui a donc considéré, en le condamnant, qu’il ne pouvait pas ignorer le stratagème.

Le compte-rendu d'audience diffusé dans nos journaux du jour.

En plus des 9 mois de prison ferme, le tribunal a aussi prononcé pour le trentenaire une interdiction de territoire français pendant cinq ans.