C’est une affaire symbole des conséquences ravageuses liées à l’usage ou au trafic de stupéfiants. Des peines lourdes, cinq ans de prison ferme, sont tombées hier en correctionnelle à Montluçon à l’encontre de deux jeunes hommes de 22 et 27 ans.
Les deux originaires des Hauts de France reconnus ont été reconnus coupable d’avoir fait vivre un véritable calvaire à un Montluçonnais d’une cinquantaine d’années, en juin 2025. Sur fond de dette de stupéfiants, ils étaient accusés d’avoir roué de coups ce toxicomane allant jusqu’à le lacérer au cutter, dans l’appartement de ce dernier, avenue de la République (notre photo).
Des hématomes, des lacérations sur tout le corps, un pneumothorax, une contusion à la rate, un traumatisme crânien modéré. C’est un homme très mal en point que découvre une connaissance de cette victime, plus de deux jours après les faits. Il a subi "des violences d’une cruauté et d’un cynisme rare", assène le procureur de la République, pour qui les causes de ce qu’il a appelé "une entreprise criminelle méthodique" sont claires : une dette de stupéfiants. "J’ai été envoyé à Montluçon pour vendre de la drogue, pas pour frapper", tente d’expliquer le plus vieux des deux principaux prévenus. Son camarade plus jeune parle d’une "bagarre", admet avoir donné des coups de poing, mais "en aucun cas on a mis des coups de cutter ou arraché des dents" s’insurge son aîné, 27 ans, et déjà 32 condamnations au casier En tout état de cause, l’idée d’une expédition punitive préméditée ne tient pas, plaide maître Fabienne Causse, l’avocate du plus jeune. Dans son délibéré, le tribunal n’a finalement pas retenu la préméditation. Placé en coma artificiel avec un pronostic vital engagé dans un premier temps, la victime de son côté s’en est finalement sortie. Non présent à l’audience hier, le quinquagénaire ne s’était pas non plus porté partie civile.
Deux témoins de la scène qui n’avaient rien signalé ont également été condamnés pour non-assistance à personne en péril. Trois ans de prison dont un avec sursis pour une Montluçonnaise de 28 ans qui reste en détention. Deux ans ferme pour un Montluçonnais de 48 ans qui, lui, avait comparu libre. Les deux étaient également à cette époque consommateurs de produits stupéfiants. Le parquet a souligné leur "défaillance morale".
Photo d'illustration.