42 civils avaient froidement été exécutés : on a commémoré hier à Prémilhat le massacre de la Carrière des Grises. Episode majeur de la fin de la seconde guerre mondiale localement. Le 14 août 1944, 42 personnes avaient été transférées, par groupes de 5, de la Caserne Richemont, où elles étaient retenues, vers cette zone au calme entre Prémilhat et Quinssaines. Il y avait là des résistants, mais pas que, de simples civils arrêtés lors de rafles.
Une opération de représailles à divers attentats et sabotages menés les jours précédents contre l’armée allemande. Se souvenir, toujours, ne jamais oublier, telle était le but de cette cérémonie, à laquelle a participé André Binet. Son père, son grand-père, son oncle ont tous été abattus lors de ce sinistre début de journée du 14 août 1944. "Ils sont venus là se faire bousiller, explique cet octogénaire, les larmes aux yeux. Quand j'arrive-là, tous les ans, je pleure".
Pour Bernard Deligny, le président du Comité d’entente des associations d’anciens combattants de Montluçon, cette commémoration est très importante.
Cette cérémonie s’est déroulée en présence du sous-préfet de Montluçon, des maires ou élus de Prémilhat, Domérat, Quinssaines, Désertines et Montluçon par exemple, mais aussi du député de la circonscription Jorys Bovet. Lorsqu’il est allé déposer une gerbe au pied du monument, des représentants de la CGT ou du Parti communiste ont symboliquement tourné le dos. Deux porte-drapeaux ont également refusé de lui serrer la main.