La conductrice d'une voiture sans permis avait été tuée : une automobiliste condamnée pour homicide involontaire

Aucun antécédent judiciaire, ni aucun point manquant sur son permis de conduire : une automobiliste sans histoire était pourtant à la barre du tribunal correctionnel de Montluçon, hier.

Cette jeune femme de 29 ans a été condamnée à 1 an de prison avec sursis.

Une peine prononcée pour un homicide involontaire par imprudence commis en décembre 2023.

Alors qu’elle circulait sur la RD943 dans la grande ligne droite entre Montluçon et La Chapelaude, elle avait percuté par l’arrière une voiture sans permis.

Ejectée du véhicule, sa conductrice âgée d’une trentaine d’années et mère de cinq enfants n’avait pas survécu.

Et une question en toile de fond : à quoi était du ce tragique accident ?

Tête baissée, le visage en partie caché derrière ses longs cheveux bruns, la prévenue porte encore, deux ans et demi après le drame, le poids de la culpabilité. "C’est un combat de tous les jours, raconte-t-elle en laissant échapper quelques sanglots. Cette culpabilité est énorme".

Il y a aussi les interrogations, encore nombreuses autour des causes de cette collision tragique.

Est-elle due à la vitesse ? L’expertise judiciaire estime en tout cas qu’elle roulait à 98 km/h au moment du choc, sur une route limitée à 90.

Le traitement médicamenteux qu’elle prenait alors a-t-il pu altérer sa concentration ? Pourquoi n’y a t-il pas eu de manœuvre de freinage ? "Je ne peux pas vraiment l’expliquer, dit-elle. Mon dernier souvenir, c’est de regarder ma jauge d’essence".

La suite est un cauchemar : une vie envolée et une famille brisée. La victime était maman de cinq enfants, le dernir âgé de seulement deux ans. Elle et son mari projetaient de se marier religieusement l'été suivant.

La prévenue a plusieurs fois présenté des excuses.

Une manière aussi de compatir pour une douleur qui ne lui est pas inconnue. "J’ai perdu mon frère dans un accident de moto", explique-t-elle, en guise de conclusion.

Le tribunal a également prononcé une annulation du permis de conduire de la jeune femme, mais elle peut d’ores et déjà engager des démarches pour le repasser.

La question de l’indemnisation des victimes sera tranchée lors d’une audience sur intérêts civils prévue en octobre.

Photo d'archives.