Difficultés financières, famille de résidents mécontentes, problèmes matériels : inquiétudes autour de la situation de l'EHPAD de Cosne d'Allier


18 décembre 2025

C’était le 11 juillet 2024.  A Cosne d’Allier, pas loin d’une centaine de personnes avaient manifesté leurs inquiétudes quant à la situation de l’EHPAD de l’Aumance. Des personnels, des familles de résidents, des élus, des militants syndicaux qui avaient tous pointé des dysfonctionnements récurrents au sein de cet établissement qui accueille autour de 80 personnes âgées. Le management du directeur de la structure avait été ciblé.

Près d’un an et demi après, rien n’a semble-t-il vraiment changé. Il en a été question lors du dernier congrès des syndicats de la santé et de l’action sociale de la CGT, le mois dernier. La maire de Cosne et présidente du conseil d’administration de l’établissement tire aussi la sonnette d’alarme. Alors qu'une femme de résidente a  décidé de monter au créneau.

Début novembre dernier, elle s'aperçoit que le lit médicalisé de son mari âgé de 83 ans est en panne. Elle alerte alors le personnel de l'établissement qui lui explique qu'il n'y a plus de matériel de remplacement. Le lendemain, elle apprend que son mari a dormi sur des matelas posés à même le sol. " Toutes les larmes de mon corps sont sorties. En payant plus de 2.000 euros par moi, ce n'est pas possible". Aujourd'hui, elle dit vouloir se battre pour dénoncer les difficultés dans l'établissement. "Je lui dois bien ça", dit-elle, en référence à son mari.

Et elle n'est pas la seule que la situation de l'établissement inquiète. Voilà plusieurs mois que la maire de la commune Marie Carré alerte sur "la situation financière" délicate de l'établissement. Sur le déficit de communication avec les familles. Sur les difficultés de personnel. Celle qui est également présidente du conseil d'administration de l'EHPAD a alerté les différentes autorités, de l'ARS au Conseil départemental - où elle siège - par exemple, sans qu'aucun changement ne soit intervenu. "Je suis un peu démunie", avoue-t-elle. La CGT, à l'initiative du mouvement de juillet 2024, dit suivre la situation de près. L'ARS concède que l'établissement "fait l'objet d'un suivi renforcé", sans plus d'informations.

Visé, le directeur de l'établissement tente de désamorcer la situation. Dans un mail qu'il nous a envoyé, il ne nie pas des difficultés financières "persistantes", en précisant que d’autres établissements de ce type rencontrent les mêmes difficultés. Il évoque "un plan de redressement" qui doit être présenté en début d’année 2026. Il concède également des problématiques de dégradations des bâtiments dûes aux intempéries, précisant que l’établissement bénéficie "d’un avis favorable de la commission de sécurité".

Sur l’épisode des matelas au sol, enfin, il assure que "la sécurité et la dignité du résident ont été préservées", dans le cadre prévu en cas de défaillance matérielle.

Le sujet complet diffusé dans nos journaux de ce jeudi.

Photo d'archives.